A l'origine, une interrogation...

"OK, c'est la catastrophe, on va droit dans le mur si on ne fait rien, mais que puis-je faire à mon petit niveau ?" 

En participant au 1,5° Challenge, je m'engage publiquement à prendre une (ou plusieurs) bonne(s) résolution(s) en faveur du climat et j'invite un (ou plusieurs) ami(s) à s'engager à leur tour ! On n'a plus vraiment le choix alors remontons nos manches, acceptons quelques sacrifices et engageons nous tous ensemble ! 

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai lu de nombreux articles, regardé pléthore de vidéos, écouté des reportages qui m’ont bien fait comprendre qu’on était dans la panade ! Si on ne fait rien et que l'on continue ainsi, nous allons définitivement détruire la planète, sa biodiversité et par conséquent l’Homme, les générations futures… mais pas les générations futures de « dans 200 ans » … non… celle de nos enfants ! Constat alarmant, bouleversant même ! Surtout pour la maman que je suis.

Des éléments de contexte qui interpellent

Lundi 8 octobre, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a publié un rapport présentant les lourdes conséquences d’une hausse des températures au-delà des 1,5°C (soit le seuil maximal fixé par l’Accord de Paris).

 

Je ne vais pas lister pour la énième fois ces conséquences qui ont été largement communiquées dans de nombreux articles depuis lundi.

Ce qu’on nous décrit fait froid dans le dos parce que les conséquences auront une incidence directe sur notre vie, notre bien-être et notre santé et parce qu’elles sont irréversibles ! Et surtout parce que nos activités en sont les causes principales et que nous sommes responsables de ce qui va arriver à ce qui est notre bien le plus cher.

 

Heureusement, le GIEC se veut rassurant :

 

« Rien dans la littérature scientifique ne dit que c’est infaisable (d’atteindre l’objectif de 1,5°C), alors nous présentons les conditions nécessaires pour y arriver. C’est ensuite aux décideurs de prendre leurs responsabilités. »

 

« Si la communauté internationale réagit, le pire pourrait être évité »

 

Le développement des technologies permettant de capter le carbone et l’augmentation des énergies renouvelables sont deux pistes avancées par le GIEC pour atteindre l’objectif.

 

Si je comprends bien, les causes de ce réchauffement climatique sont clairement identifiées : c’est l’activité humaine ; donc finalement l’activité de chaque individu et de chaque entreprise. Mais c’est la communauté internationale (que Wikipédia définit ainsi « expression politique désignant de façon imprécise un ensemble d’Etats influents en matière de politique internationale ») qui peut faire en sorte que ce phénomène soit limité grâce au captage de CO2 et aux énergies renouvelables.

C’est là que mon sens logique me pousse à m’interroger...

Depuis quand fait-on porter volontairement la responsabilité d’un problème à un sujet différent du véritable coupable ?

 

Si je mets volontairement le feu à mon quartier,va-t-on accuser le maire de ne pas avoir mis d’extincteurs à chaque coin de rue ?

 

Ça paraît logique dit comme cela. Si nos activités en sont la cause, c’est donc à nous de prendre nos responsabilités, non ?

 

Cette idée que nous sommes tous responsables et que chacun d'entre nous a son rôle à jouer fait écho à la fameuse légende amérindienne du Colibri, rendue célèbre par Pierre RABHI.  Mais une fois qu’on sait ça, on fait quoi ?

Comprendre le mécanisme de réchauffement climatique et l’impact humain

Pour les non-initiés qui souhaitent comprendre pourquoi nous avons effectivement notre rôle à jouer, je vous propose ici de donner quelques brefs éclairages sur l’effet de serre et le réchauffement climatique.

 

(Pour ceux qui souhaitent simplement savoir comment ils peuvent participer à la réduction de ces émissions, reportez-vous directement aux paragraphes « Concrètement, comment puis-je agir à mon niveau ».)

 

L’effet de serre est un mécanisme naturel selon lequel des gaz dits « à effet de serre » retiennent une partie des rayons infrarouges réémis par la terre après qu’elle les a reçus du soleil afin de la réchauffer et maintenir une température favorable à l’Homme et aux autres espèces qui l’habitent. Ces gaz à effet de serre, principalement le méthane, le carbone et le protoxyde d’azote, sont donc nécessaires au maintien de la vie sur terre.

Sauf que les humains ont déréglé cette mécanique naturelle en intensifiant, par leurs activités, les émissions de gaz à effet de serre entraînant ainsi la densification de la concentration de ces gaz dans l’atmosphère empêchant les rayons de passer et entraînant ainsi un réchauffement de la planète.

Mais quelles sont ces activités qui émettent des gaz à effet de serre, exactement ?

Les principales activités émettrices sont les transports routiers (23%), l’agriculture (22%), l’industrie manufacturière (22%), le secteur résidentiel – tertiaire (19%) et la transformation de l’énergie (12%).

 

Je vais vite passer sur l’argument trop souvent entendu : « Oui mais en fait c’est la faute des entreprises ! C’est elles qui peuvent faire quelque chose ! ». Inutile de rappeler que les entreprises ne produisent pas juste pour se faire plaisir mais bien parce qu’il y a des consommateurs pour acheter leurs produits.

Nous sommes donc bien individuellement, en tant que consommateurs, responsables de ces émissions de gaz à effet de serre.

 

Il est important de comprendre que lorsque nous choisissons de consommer un produit, nous choisissons, ou du moins acceptons indirectement, la manière dont les matières premières qui le composent ont été extraites, le mode de production, le moyen d’acheminement et de distribution et enfin la pollution générée par son utilisation et sa fin de vie.

Concrètement, comment puis-je agir à mon niveau et dans mon foyer ?

J’ai identifié de façon très simple et non exhaustive, les postes d’émissions principaux d’un foyer français classique. En fonction du choix des produits dans les différentes catégories identifiées, notre impact peut être plus ou moins important.

 

Commençons par l’alimentation car c’est un des postes qui génèrent le plus d’émission en France (30% des émissions globales d’un bout à l’autre de la chaine).

Les produits alimentaires n’ont évidemment pas tous le même impact carbone.

La production d’1kg de bœuf équivaut en termes d’impact carbone à rouler 140km en voiture quand la production d’1kg de carottes n’équivaut qu’à 1km.

 

Il serait bien trop long de rentrer dans le détail du bilan carbone des différents produits alimentaires généralement consommés dans nos foyers, mais on peut simplement retenir que pour réduire son empreinte carbone, il est préférable de consommer de la volaille ou du poisson à du bœuf, du veau ou de l’agneau et qu’il vaut généralement mieux privilégier le végétal sur l’animal ou bien des produits issus des animaux (œufs, lait, fromage…).

L’origine des produits et le respect de la saisonnalité sont également des éléments importants. Consommer des tomates en hiver, c’est choisir des tomates importées et/ou produites sous serres chauffées, donc avec un mode de production très émetteur de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, il est préférable d’acheter des produits bruts que l’on va cuisiner soi-même que des produits très transformés dont la production s’est faite en de nombreuses étapes consommatrices d’énergie et génératrice de déchets.

Enfin, pour éviter la production excessive de déchets, on peut opter pour la vente en vrac ou boire de l’eau du robinet !

 

A présent, voici quelques pistes concernant les produits d’hygiène : les gel-douches, shampoings, coton-tiges, lingette, couches…

Ici aussi, les impacts sont multiples que ce soit pour les produits en eux-mêmes que pour leurs emballages et pour la quantité de déchets qu’ils génèrent.

Ainsi, pour réduire l’empreinte environnementale de sa salle de bain sans forcément se mettre à faire soi-même ses produits, on peut opter pour un savon ou du shampoing solide écolabellisé emballé dans du papier plutôt qu’un gel douche ou un shampoing conventionnel dans une bouteille en plastique; ou au moins choisir des recharges de savon liquide plutôt que de racheter tout le pousse mousse. 

Pour se démaquiller il est possible de remplacer les lingettes ou les cotons à usage unique par des petites éponges réutilisables ; idem pour les couches lavables ou pour les plus sceptiques des couches jetables écologiques élaborées à partir de matières premières naturelles et renouvelables.

 

Finalement, ce qu’il faut éviter dans sa salle de bain ce sont les produits chimiques, les dérivés du pétrole, l’excès d’emballages et les produits à usage unique quand cela n’est pas nécessaire.

Il en va de même avec les produits ménagers évidemment.

 

De manière générale sur les déchets ménagers, il est encore difficile d’arriver au zéro déchet même avec les quelques astuces cités précédemment. Alors pensez, quand c’est possible, à réutiliser !

Donnez une seconde vie aux sacs, papiers cadeaux, boîtes, vêtements, tissus, jouets… et quand l’heure de la séparation a sonné, TRIEZ le carton, le plastique et le verre (recyclable à l’infini !).

Recycler c’est éviter de gaspiller des ressources naturelles quand on peut réutiliser des matières déjà transformées pour en faire autre chose. Pourquoi se priver de recycler le moindre petit pot de yaourt en verre ou la moindre canette que vous retrouverez peut-être dans votre frigo dans quelques mois ?

 

Pour ce qui est des déplacements, les français sont généralement bien informés sur les bonnes pratiques. Il est évidemment préférable de prendre les transports en commun ou le vélo que sa voiture individuelle dès que cela est possible. Le compromis, si vous n’êtes pas prêt à lâcher votre volant, est le co-voiturage ! Si je prends 2 personnes avec moi dans ma voiture pour leur éviter de prendre la leur, nous avons, en gros, 3 fois moins d’impact que si chacun avait pris la sienne. Pour les voyages, préférez le train à l’avion quand cela est possible !

 

Concernant l’énergie, c’est également un sujet d’intérêt pour les ménages car il est fortement corrélé à la gestion financière du foyer ! On n’oublie plus aujourd’hui d’éteindre la lumière, les radiateurs ou de choisir des appareils moins énergivores.

Toutefois, il y a encore quelques gestes qu'on oublie trop souvent de faire : éteindre son écran d'ordinateur quand on part du bureau, débrancher son chargeur quand on ne charge pas son téléphone ou son ordinateur portable ou éteindre la mutliprise quand on sort.

 

Enfin, sur la consommation en générale. Nous sommes formatés et incités par les entreprises et le marketing pour consommer toujours plus, pour vouloir le dernier téléphone qui fait les plus belles photos pour mon compte insta ou la dernière paire de chaussures à la mode.

Mais avons-nous vraiment besoin de tout cela ? En réalité, pas toujours ! Essayons de nous poser vraiment la question du besoin, de tenir un peu plus longtemps avec ce que nous avons et de zapper moins vite. Le fait de consommer toujours plus ne rend pas plus heureux, en tous cas pas pour longtemps… en revanche, cela a un véritable impact sur la planète.

 

Et si vous n’êtes pas prêts à tirer radicalement un trait sur vos sessions shopping, essayez au moins de vous soucier des matières premières qui composent les produits et de leur origine. A défaut de moins consommer, essayez au moins de mieux consommer !

Place au 1,5°C challenge !

Pas de raison d’être encore le seul à faire des efforts ! D'ailleurs, c’est toujours plus facile en groupe car l’union fait la force !

 

C’est pour cela que j’ai lancé le « 1,5°C Challenge ». Le principe est simple, vous avez été nominé(e) par un proche pour y participer et vous voulez vous aussi jouer au jeu du climat ? Challenge accepté ! Vous n’avez qu’à indiquer sur Facebook ou n’importe quel autre réseau social la résolution que vous voulez prendre en faveur du climat pour une durée déterminée ou pour toujours et nominer à votre tour un ou plusieurs de vos proches.

 

Si vous n’êtes pas branchés réseaux sociaux, pas d’excuse, ça marche aussi par mail, SMS, courrier postal ou pigeon voyageur !

 

C’est une chaîne ! Sauf que là, si chacun joue le jeu, ça peut faire quelque chose de vraiment grand ! Parce que 1 colibri + 1 colibri + 1 colibri + (…) + 1 colibri … ça fait qu’on arrivera peut-être à ne pas dépasser le 1,5°C de l’Accord de Paris !

 

A vous de jouer !

En manque d’inspiration ? Voici quelques exemples de bonnes résolutions en faveur du climat !

Dans l’assiette : Si je mange de la viande rouge plusieurs fois par semaine, je peux décider de n’en manger plus qu’une fois. Acheter des fruits et légumes de saison (voir calendrier) produits localement ou au moins en France. Boire de l’eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille y compris pour l’eau gazeuse que je peux désormais gazéifier chez moi !

 

Dans la salle de bain : Je remplace mon gel douche et mon shampoing en bouteille par des savonnettes solides écolabellisées. J’utilise une éponge réutilisable pour me démaquiller plutôt que du coton ou des lingettes à usage unique.

 

Déplacements : Je n’ai pas de déplacements professionnels prévus dans la journée ? J’opte pour les transports en commun. J’ai un collègue qui habite près de chez moi et qui vient en voiture comme moi ? Je lui propose de faire du co-voiturage. Je prends le vélo pour mes déplacements quotidiens.

 

Déchets : Je trie tous les déchets qui sont recyclables chez moi. J’achète des produits (vêtements, jouets, livres…) de seconde main pour leur donner une seconde vie. Et je donne ou vends ce dont je souhaite me débarrasser plutôt que de les mettre à la benne.

 

Energie : J’allume moins de radiateurs à la maison et opte pour un bon vieux pull polaire et un plaid pour me réchauffer !

Claire SCHWARTZ, Responsable RSE

Retrouvez-moi sur : 

Twitter

LinkedIn